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Full text of "La Civilite Puerile Et Honnete"

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CASTiGAT 

B.  I  D  E  N  D  O 

MORES 


LA    CIVILITÉ 


PUÉEILE  ET   ÏÏOIIÎÈTE 


expliquée 


PAH 


NCLB     EUGENE 


et    illustrée 


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M.    B.    DE    MONVEL 


PLON-NOURRIT  et  C'«,   IMPRIMEURS-ÉDITEURS,   RUE   GARANCIÈRE,   8,    PARIS 


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C'est  la  propreté  qui  fait  reconnaître  à  première  vue  un 
enfant  bien  élevé.  Nous  devons  donc  tout  d  abord  parler  de 
la  propreté. 

Qiielqucfois ,  en  nous  promenant  dans  la  campagne,  nous 
rencontrons  de  pauvres  petits,  gardeurs  de  vaches  ou  gardeurs 
doies,  en  sabots,  ou  même  pieds  nus.  Ils  ont  les  cheveux 
ébomiffés,  les  mains  noires,  le  nez  affreirsement  sale.  Les  uns 
ne  sont  débat  bouilles  que  le  dimanche,  les  auties  ne  le  sont; 
jamais.  Plaignons-les.  Letns  parents,  les  ims  négligents,  les 
autres  empêchés  par  leur  travail,  ne  savent  pas  ou  ne  peuvent 
pas  s  occuper  d  eux. 


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Pour  vous,  qui  avez;  le  bonheur  tle  posséder  de  gentilles 
mamans,  des  bonnes  soigneuses,  la  civilité  exige  que  vous 
soyez  toujours  propres...  ou  à  peu  près. 

Si  cependant  un  jour  il  vous  arrive,  en  \ous  tiaînant  par 
terre  plus  que  vous  ne  devriez,  de  ^'ous  noircir  les  mains,  je 
\'ous  recommande  surtout  de  ne  pas  aller,  comme  ce  gros  bêta 
de  Joseph,  les  frotter  sur  les  meubles  du  salon,  ni  sur  les  robes 
des  dames.  En  agissant  ainsi  \'ous  ne  feriez  certainement  plaisir 
à  personne  et  vous  ne  manqueriez  pas  de  vous  attirer  à  vous- 
même  quelque  bien  Bcheux  compliment. 


Un  jour,  le  petit  Paul,  peu  obéissant,  ayant  farfouillé  dans  le 
seau  au  charbon,  en  sortit  ses  deux  mains  plus  noires  que 
celles  d'un  ramoneur. 

De  peur  d'être  grondé,  il  s'empressa  de  les  lécher  et  de  les 
essuyer  aux  rideaux  blancs  de  la  fenêtre.  Belle  manière  de  faire 
sa  toilette!  Vous  pensez  si  sa  maman  s'en  est  aperçue  et  si  le 
méchant  gamin  a  été  puni. 

Le  mieux  est  donc,  lorsque  vous  avez  commis  quelque 
maladresse  qui  vous,  a  sali  les  mains,  d'aller  les  montier  tout 
simplement  à  \'otre  bonne,  pour  qu'elle  v  passe  vite  un  peu  d'eau 


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avec  une  éponge  ou  une  serviette.  Fout  le  monde  verra 
ainsi  que  vous  êtes  un  enfant  soigneux  et  bien  élevé. 
De  même,  chaque  fois  qu'il  vous  semble  que  votre  nez 
ne  doit  pas  être  bien  propre,  ce  qui  peut  arriver  soin  ent 
quand  vous  êtes  enrhumé,  allez  tout  aussitôt,  si  \oin 
êtes  un  tout  petit,  tendre  votre  nez  mouillé  à  votre 
maman  ou  cà  la  personne  qui  vous  garde  :  elle  vous 
mouchera  sans  vous  faire  de  mal.  C'est  une  grosse 
sottise  que  celle  de  ces  nigauds  qui  se  sauvent  quand 
on  s'approche  pour  les  moucher,  ou  qui  poussent  les 
hauts  cris  comme  si  on  voulait  les  écorcher. 


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l'ciiil,  ce  jeune  éLoiirdi  dont  nous  avons  déjà  j^arlc, 
a  la  manie  de  s'essuyer  le  nez  en  le  frottant  sur  la 
manche  de  sa  blouse,  comme  le  fêtait  un  petit 
paysan.  Cela  dégoûte  tout  le  monde,  et  quand  ses 
parents  s'en  aperçoivent,  ils  le  mettent  en  pénitence. 
Ils  ont  bien  raison. 

Une  autre  très-mauvaise  habitude  est  celle  de  ces 
enfants  qui  enfoncent  continuellement  leurs  doigts 
dans  leur  nez.  Gardez-vous  de  pareille  chose,  et  ne 
prenez  pas  exemple  sur  la  vilaine  Fanny,  qui,  par  sa 
malpropreté,  fait  le  désespoir  de  sa  maman. 


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Un  enfant    un   peu   friand  doit  tcnijouvs   a\()ir  un 
mouchoir  dans   sa  poche,   pour  ne  pas  être  obhgé 
d'emprunter  celui  des  autres  personnes. 

Paul,  ayant  un  jom^  otiblié  le  sien.  Ht  la  sottise  de  se  servir 
du  foulard  qui  pendait  à  la  poche  d'un  monsieur,  et  cela 
sans  même  demander  auctnie  permission.  Si  le  garde  du 
jardin  avait  ^u  la  chose,  pour  stlr  il  atnait  conduit  le 
mauvais '  farcetn-  à  la  prison  dti  poste.  Paul  Fut  d'ailleius 
bien  attrape,  car  le  monsieur  était  un  priseur,  et  son 
foulard  était  reiiqjli  cle  tabac,  de  sorte  que  notre  petit 
drôle  en  eut  le  nez  tout  barbouillé  :  ce  hit  sa 
ptmition. 


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LES  DEVOIRS  DE  CONVENANCE 

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Un  enFcini  bien  élevé  ne  manque  jamais,  cliaque  malin,  de  dire 
bonjdur  a  son  papa  et  à  sa  maman,  et  de  les  embrasser  gentiment 
sur  les  joues. 

Puis  il  embrasse  ses  frères  et  ses  sœurs,  et  il  a  rempli  ses 
premiers  devoirs  de  politesse  envers  sa  famille. 

Qjiand,  dans  la  journée,  viennent  le  grand-papa  et  la  grand'- 
nianian,  les  oncles  et  les  tantes,  les  cousins  et  les  cousines,  les 
amis  les  plus  intimes,  il  s'empresse  tl'aller  au-devant  d'eux,  de  leur 
dire  bonjour  et  de  leur  donner  de  bons  baisers.  Il  est  certain 
de  faire  ainsi  grand  plaisir  à  tous. 

S  il  survient  des  personnes  étrangères  ou  que  l'on  voit  rarement 
à  la  maison,  il  doit  Iciu"  dire  bonjou)'  poliment;  mais,  avant  de 


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les  embrasser,  nous  lui  conseillons  d  attendre  qu'on  lui  dise  de 
le  feire.  Sans  doute,  il  est  aimable  d'embrasser  les  personnes  de 
la  fomille  et  les  amis  les  plus  intimes;  mais  ce  serait  se  montrer 
presque  indiscret  que  d'aller  tendre  ses  joues  à  tout  venant. 

A  ce  propos,  il  nous  faut  raconter  ici  la  maladiesse  d'un  petit 
garçon  nommé  André.  Cet  enfant,  fort  hurluberlu,  n'alla-t-il 
pas  un  jour  sauter  au  cou  d'un  commissionnaire  qui  déposait 
un  paquet  dans  l'antichambre,  et  l'embrasser  tout  bêtement! 

Le  commissionnaire  était  un  brave  Auvergnat;  il  fut  fort  étonné 
et  dit  à  l'enfant  :   «  Monchieu  est  bin  honnête.  » 

Tout  le  monde  a  ri  de  bon  cœur  de  l'étourderie  du  petit 
André,  et  l'on  s'est  bien  moqué  de  lui. 


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Qiiand  uae  dame  vient  en  visite  de  cérémonie,  la  petite  (ille 
de  la  maison  lui  hk  une  gentille  révérence;  et  lorsque  la  dame 
dit  :  ((  Bonjour,  mademoiselle  Jeanne  »,  Jeanne  rcj:)ond  aussiiôt  : 
«  Bonjour,  Madame.  » 

Il  y  a  certaines  petites  filles  un  peu  sottes  qui,  au  lieu  de  ré- 
pondre se  sauvent  et  vont  se  cacher  sous  les  meubles;  il  y  en  a 
d'autres  qui  s'entêtent  à  ne  pas  dire  bonjour  et  se  mettent  à 
pleurer,  ce  qui  est  ridicule. 

Il  y  en  a  encore  qui  viennent  regarder  cinieusement  par 
la  porte  entr'ouverte,  en  même  temps  qu'elles  chuchotent  ou 
ricanent  sans  raison,  ce  qui  est  fort  impoli. 

Enfin  il  y  en  a  qui  tournaillent  autour  des  visiteurs,  les 
bousculent  en  jouant,  et  crient  en  courant  de  manière  à 
fendre  la  tête  à.  tout  le  monde,  ce  qui  est  absolument  insup- 
portable. 


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Jeanne,  au  contraire,  se  conduit  tout  à  fait  gentiment  quand 
sa  maman  reçoit  une  visite. 

Elle  approche  un  petit  tabomet  poiu'  que  la  dame  y  pose 
ses  pieds,  ou  bien  elle  lui  apporte  un  écran  poiu'  que  le  feu 
ne  lui  brûle  pas  la  figure. 

La  dame  la  remercie,  et  paraît  contente  de  \oir  une  petite 
Hlle  aussi  bien  élevée. 

A  ses  joins  de  réception,  la  maman  de  Jeanne  oflFre  du  thé; 
Jeanne  aide  sa  maman  :  elle  présente  aux  dames  le  sucriei', 
ou  l'assiette  aux  petits  gâteaux. 

Qiiand  il  vient  d'autres  enfants,  elle  ])rend  soin  de  les  faire 
goûter;  elle  leur  met  au  cou  une  petite  serviette  poin~  éviter 
tout  accident,  et  ne  manque  pas  ensuite  de  leur  essuyer  le? 
vloigts  pour  qu'ils  ne  poissent  pas  leurs  \'ctcments. 


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André,  qui  n'est  pas  un  méchant  garçon,  \'cut  faire  comme  sa 
soeur.   Mais,  nous  l'avons  vu  déjà,  c'est  un  gros  étourdi. 

Un  jour,  il  approche  très-poliment  une  chaise  à  un  ami  de  son 
père.  Le  monsieur  se  tient  debout  un  instant  pour  expliquer 
quelque  affaire  :  André  ne  pense  déjà  phis  à  ce  qu'il  a  fait;  il  retire 
la  chaise  et  la  reporte  à  sa  place. 

Le  monsieur  croit  que  la  chaise  est  toujours  derrière  Itii,  et,  quand 
il  veut  s'asseoir,  patatras!  il  tombe  à  la  renverse  sans  pouvoir  se 
rattraper. 

André  est  désolé  de  sa  maladresse  et  de  sa  distraction,  car  le 
pauvre  monsieur  s'est  fait  bien  mal  et,  ]:>our  sAi',  n'est  pas  trop 
content. 


Lorsque  votre  niamaii  possède  un  petit  eliieu,  e'est  être  bien  élevé 
que  de  renipêcher  d'aboyer  après  les  visiteurs. 

Au  contraire,  c'est  être  mal  élevé  que  d'exciter  le  roquet  pour 
qu  il  morde  les  mollets  à  toute  persontie  t]tii  entte. 

Ne  faites  donc  pas  une  pareille  chose,  car  oti  \'ous  prendrait 
pour  un  de  ces  vilains  gamins  des  rues  toujours  prêts  à  jouer 
quelque  mauxais  tour,  qui  font  «  xi,  xi!  «  aux  chiens,  et  les 
poussent  à  mordre  les  jeunes  pationnets. 

Ces  pauvres  petits  mitrons,  totit  occtipes  qu  ils  sont  a  maintenir 
leur  panier  stii  leur  tête,  ne  savent  pas  comment  se  défendte,  et 
c'est  fort  mal  de  les  tourmenter  ainsi.  D'autant  plus  que  s'il 
leur  arrive  de  laisser  tomber  leur  précieux  firdeau,  cjui  est  ce  qui 
mange  le  gâteati  ou  la  tout  te:'  C  est  le  chien. 


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Lorsque  \otrc  professeur  vous  donne  une  leçon,  vous  devez 
1  "écouter  de  vos  deux  oreilfes. 

Ce  ne  serait  pas  \ous  nK)ntier  poli  vis-a-vis  de  lui,  que  de 
penser  à  autre  chose  qu'à  ce  qu'il  prend  tant  de  peine  à  vous 
expliquer;  de  suivre  du  regard  le  vol  d'une  mouche  à  laquelle 
\ous  a\ez  collé  un  pain  à  cacheter;  ou  encore  de  courir  pré- 
cipitamment à  la  lenétre,  parce  que  \ous  entendez  passer  un 
cavalier  au  galop. 

Vous  devez,  au  contraire,  être  tout  à  \'otre  travail,  selon  l'exemple 
que  nous  en  donne  ce  bon  petit  Pierre;  et  lors  même  que,  par 
hasard,  la  leçon  ne  \ous  amuserait  pas  beaucoup,  vous  ne  devriez 
N  jamais  pour  cela  nous  mettre  à  bâiller  comme  le  foit 
monsieur    Paul,    à    vous    délirer,    a   pousser    des    soupirs 


capables  de  laisser  supposer  à  votre  maître  que  \'ous  \-ous  ennuyez, 
car  vous  risqueriez   de   lui   faire  une  gra\e  olfen'^e. 

La  leçon  finie,  \ous  de\ez  reconduite  votie  professeur  juscjua 
la  porte,  sans  jantiis  lui  dire  un  mot  qui  puisse  l'amener  à  cioire 
que  vous  avez  irou\c  la  leçon  trop  longue,  ou  que  vous  étiez 
impatient  qu'elle  fût  terminée  pour  aller  jouer  aux  billes  ou  à  la 
toupie. 

C^e  que  nous  \enons  de  dire  s'appli(jue  aux  jeunes  garçons 
qui  travaillent  chez  letirs  patients. 

C^Liant  à  ceux  qui  vont  déjà  à  la  ]:)ension  ou"  au  collège,  les 
pensums  et  les  i-etenues  leur  ont  \ite  appris  ce  qu'il  n'est  pas  poli 
que  fasse  un  écolier;  et  les  élèves  bien  a\'isés  ne  commettent  pas 
deux  fois  la  même  faute  contre  la  ci\'ilité  en  classe,  car  il  n'est 
certes  pas  agréable  d'être  privé  de  sa  sortie  du   dimanche- 


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Une  petite  lille  connue  il  faut  fait  toujours  bon  visage  à  sa  maîtresse 
de  graniniaire,  à  sa  maîtresse  de  calcul,  à  sa  maîtresse  d'anglais  on 
d'allemand,  en  un  mot,  à  totites  les  dames  on  demoiselles  qui  viennent 
lui  enseigner  quelque  chose.  Elle  apprend  et  répète  ses  leçons  avec 
docilité  et  bonne  humeur.  C'est  svutout  pendant  les  leçons  de  piano 
qu  elle  -montre  son  gentil  caractère  et  sa  parfaite  éducation.  «  Allons, 
mon  enfant,  dit  sa  bonne  maîtresse,  faites  attention  que  c'est  la 
mesine  à  quatre  temps.  Comptez  bien  vous-même  :  une,  deux, 
trois,  quatre.  Vos  mains  bien  posées.  Allongez  vos  petits  doigts, 
mais   ne  les   levez   pas   en   l'air   comme  des   cornes   de  colimaçon.  » 

Voyez  comme  cette  chère  petite  Jeanne  s'applique.   Elle  se  mettra 

d  au^si  bonne  grâce  à  ses  gammes,  quoique  ce  ne  soit  guère  amusant, 

et,  s'il  le  faut,  pour  se  délier  les  doigts,   elle  recommencera 


22 


Qiiclle  difrérence  entre  Jeanne  et  Fanny!  Autant  l'une  est  aimable, 
ftutant  l'autre  est  grognon  et  entêtée.  Il  semblerait  qu'elle  fait  exprès 
d'aller  à  contre-mesure;  c'est  un  véritable  charivari,  tellement  elle 
tape  sur  le  piano  à  tort  et  à  travers.  A  toutes  les  observations  qu'on  lui 
adresse,  elle  hausse  les  épaules  comme  une  petite  mal  élevée.  Si  sa 
maîtresse  lui  dit  de  recommencer,  elle  répond  que  c'est  tiop 
ennuyeux.  Si  elle  la  prie  de  regarder  sa  musique,  la  paresseuse 
enfant  pousse  l'indocilité  jusqu'à  lever  le  nez  en  l'air,  regarder  le 
plafond  et  se  croiser  les  bras.  Mais  elle  sera  bien  punie  de  toutes 
ces  impertinences  :  tandis  que  Jeanne  saura  bientôt  jouer  de  jolis 
morceaux  dans  les  réunions  de  famille  et  fera  plaisir  à  totit  le  monde, 
Fanny  ne  sera  bonne  à  rien;  elle  resteia  dans  im  coin,  et  personne 
ne  se  souciera  de  cette  petite  maussade. 


23 


Un  maître  de  danse  et  de  maintien  viendra  aussi  enseigner  aux 
petites  demoiselles  et  aux  petits  messieurs  comment  il  faut  se  tenir 
assis  convenablement,  sans  se  vautrer  sur  les  fauteuils;  comment 
on  doit  marcher  d'un  pas  régulier,  les  pieds  un  peu  en  dehors,  et 
sans  les  traîner  a\'ec  nonchalance;  comment  on  salue  avec  cour- 
toisie :  les  petites  filles,  en  faisant  la  révérence;  les  petits  garçons, 
en  inclinant  la  tête. 

«  Surtout,  mesdemoiselles,  tenez-vous  droites  »,  dira-t-on  aux 
unes.  «  Allons,  messieurs,  un  peti  moins  de  roidein^  ou  de  brus- 
querie »,  ajouteia-t-on  pour  les  autres.  Et  vos  bonnes  manières 
se  formeront   peu   à   peti,    sous    l'oeil  de   vos  mamans,  jusqu'à   ce 

que  vous  deveniez  des  jeunes   filles  et  des  jeunes  gens   accomplis. 

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LA  BONNE   TENUE  A  TABLE 


25 


Une  affaire  assez  importante  est  celle  de  prendre  ses  repas; 
une  antre  qui  ne  l'est  pas  moins,  c'est  de  le  faire  avec  bienséance. 

Il  ne  s'agit  pas,  en  effet,  de  se  comporter  comme  les  petits  et  les 
gros  chiens,  qui  se  jettent  gloutonnement  sur  leur  pâtée,  ou  se 
battent  entre  eux  pour  se  disputer  les  meilleurs  morceaux  et 
s'arracher  les  os  à  croquer. 

Les  gens  h\en  élevés  ne  s'y  prennent  pas  comme  les  animaux. 

A  table ,  chacun  occupe  une  place  selon  son  rang  et  suivant  son 
âge.  Les  parents  sont  servis  avant  les  enfants,  les  grandes  personnes 
avant  la  petite  jevmesse.  Les  enfants  attendent  leur  tour  sans  rien 
demander.  Ils  mettent  bien  leur  serviette,  et  quand  leur  soupe  est 
dans  leur  assiette,  ils  la  mangent  tranquillement  avec  leur  cuiller. 


26 


en  prenan*^  garde  de  ne  pas  la  faire  couler  sur  leur  menton,  tout  du 
long  de  leur  serviette  et  sur  la  nappe,  ce  qui  serait  malpropre. 

Si  votre  soupe  est  trop  chaude,  soufflez  légèrement  dessus 
pour  la  refroidir,  mais  ne  faites  pas  comme  ces  lourdauds,  qui 
soufflent  si  fort  qu'ils  éclaboussent  leurs  voisins  et  font  jaillir  le 
bouillon  jusqu'au  beau  milieu  de  la  table.  J'en  ai  vu  d'autres  tourner 
si  violemment  leur  cuiller  dans  leur  assiette,  que  la  soupe  débor- 
dait tout  autour  et  se  répandait  comme  une  inondation  sur  la  nappe. 
Tout  cela  doit  être  évité. 

Appliquez-vous  surtout  à  ne  pas  manger  trop  vite,  et  ne  cherchez 
pas  à  parler  quand  vous  avez  la  bouche  pleine,  autrement  vous 
risqueriez  de  vous  étrangler,  de  tousser  et  de  tout  salir  autour  de 
vous. 

Si  vous  êtes  im  peu  enrhumé,  prenez  soin  de  ne  pas  éternuer 


Luis  rassicttc  de  \otre  Noisin,  qui  n'est  ])as  destinée  à  recevoir 
une  telle  sauce.  De  préférence,  éternuez  dans  votre  mouchoir, 

ui,  SI  vous  êtes  surpris,  mettez  bien  vite  la  main  devant  votre 
bouche  et  votre  nez  pour  éviter  une  explosion  trop  fâcheuse. 

QiiancI  vous  avez  mangé  ce  qu'on  \'otis  avait  mis  dans  \'otre 
assiette,  ne  dites  pas  :  «  C'est  bon,  j'en  veux  encore.  « 
Attendez  que  vos  parents  voirs  en  pro])osent  de  nouveau. 

Un  petit  garçon  qu'on  avait  oublié  de  servir  et  cjui  ne  \'ou- 
lait  rien  demander,  parce  qu'il  savait  que  ce  n'est  pas  conve- 
nable, eut  la  bonne  idée  de  prendre  quelques  grains  de  sel 
dans  la  salière  qui  se  trou\ait  devant  lui  et  de  les  melUx^  dans 
son  assiette. 

Son  voisin  xoulut  savoir  pourquoi  il  a\  ait  pris  du  sel,  n'ayant 
rien  à  manger.  Il  répondit  :  «  C'est  pour  saler  le  gigot  que 
papa  va  me  donner  tout  à  l'heure.  «  Et  ainsi,  on  pensa  à  servir 
ce  petit  garçon  très-poli,  et  cela  sans  (ju'il  eût  rien  demandé. 


28 


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'5' 


\^  \!\V'.    ' 


Lorsque  vous  avez   soif,  ne  triez  pas  :.  n   A  boire!    >■   Dites 
plutôt,  sans  élever  la  voix  :  «  Papa,  ou  Maman,  voudriez-vous 
me  donner  à  boire,  s'il  vous  plaît?  »  et  quand  l'un  ou  l'autre      l        L\'      /,  'i' 
vous  en  a  versé,  dites  :  «  Meixi,  papa  »,  ou  :  «  Merci,  maman  ». 

Pour  boire,  tenez  bien  votre  timbale  ou  votre  verie. 

Ne  faites  pas  comme  ces  petits  distraits  qui  regardent  d'un 
autre  côté  et  se  jettent  tout  dans  l'oreille  ou  dans  le  cou,  oti 
cjui  replacent  si  mal  leur  verre  sur  la  table  qu'ils  répandent 
1  eau  rougie  en  cascade  sur  la  nappe. 

Si  une  mouche  se  pose  sur  votix  tête  et  vous  cause  une 
légère  démangeaison,  vous  ne  devez,  sous  aucun  prétexte,  vous 
gratter  avec  votre  fourchette.  Elle  n'est  point  faite  pour  cet 
usage,  mais  bien  poiu'  vous  permettre  de  manger  votre  viande 
et  vos  légumes,  que  vous  ne  deve^  jamais  prendre  à  poigne- 
main  pour  les  mettre  dans  votre  bouche,  comme  foui  les 
sauvages  de  l'Afrique  et  de  l'Océanie. 


2g 


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W^^- 


Ne  soyez  pas  bruyants;  laissez  causer  tranquillement  les 
grandes  personnes. 

Ne  les  interrompez  pas  à  tout  instant  en  jouant  au  cerceau 
avec  les  ronds  de  serviettes,  en  sifflant  des  airs,  en  vous 
remuant  sur  votre  chaise. 

En  attendant  qu'on  vous  serve,  ne  vous  accoudez  pas  sur  la 
table,  ne  vous  étendez  pas  sur  la  nappe,  comme  si  vous  vouliez 
vous  endormir  sur  un  lit. 

Toutes  ces  habitudes  sont  d'un  enfant  très-mal  élevé. 

Ne  quittez  jamais  la  table  que  dans  des  circonstances  impé- 
rieuses et  légitimes.  Si  vous  sentez  que  cela  est  indispensable, 
éloignez-vous  à  temps,  et,  par  discrétion,  évitez,  autant  que 
possible,  de  faire  remarquer  votre  brusque  départ. 


]M-  R^^Éà::..   ^^.L?^'         P 


rrr/r/f 


On  ne  mord  pas  dans  son  pain;  on  le  casse  en  petits  mor- 
ceaux, qtie  Ion  mange  en  même  temps  que  la  viande  ou  les 
légumes. 

On  se  sert  aussi  de  son  pain  pour  pousser  la  viande  et  les 
légumes  contre  la  fourchette  et  pour  prendre  les  sauces. 

Il  n'est  pas  mal  de  saucer  un  peu  son  assiette;  mais  il  n'est 
pas  bien  d'en  lécher  le  fond,  sous  prétexte  de  «  ne  pas  perdre 
la  bonne  sauce  ». 

Il  faut  bien  vous  garder  de  lancer  des  boulettes  de  mie  de  pain 
à  votre  petit  cousin  qui  est  de  l'autre  côté  de  la  table.  Vous  ris- 
queriez de  les  envoyer  dans  les  plats,  oti  même,  sans  le  vouloir, 
sur  le  nez  d'im  monsieiu^  ou  d'une  dame,  ce  qui  serait  une  très- 
grande  impolitesse. 


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1/7^ 


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3i 


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Un  enfant  qui,  sans  attendre  qu'on  fasse  passer  le  dessert,  se  lèverait  sur  sa 
chaise,  tendrait  le  bras  et  s'emparerait  lui-même  d'un  gâteau  ou  d'un  fruit  dont 
il  a  envie,  serait  aussitôt  mis  à  la  porte,  car  il  auràt  fait  là  quelque  chose  de 
tout  à  fait  inconvenant. 

Si  l'on  sert  une  bonne  crème  au  café  ou  au  chocolat  et  qu'on  vous  demande 
si  vous  en  désirez,  ne  dites  pas  :  «  Oui,  j'en  veux  beaucoup,  j'en  veux  trop  » 
ce  qui  vous  ferait  passer  pour  un  gros  gourmand.   Répondez   :   «  Oui,  mon- 
sieur »,  ou  :  «  Oui,  madame,  j'en  voudrais  bien  un  peu.  »  Et  l'on  verra  tout 
de  suite  que  vous  êtes  un  enfant  comme  il  faut. 

Ce  sont  des  gamins  bien  peu  convenables,  ceux  qui,  au  goûter,  lèchent  le 
dessus  de  leurs  tartines  de  confitures,  s'en  barbouillent  le  nez,  les  joues,  les 


J2 


mains  et  les  vêtements.  Leur  gourmandise  est  bête,  et  ils  en  sont  punis  :  la 
confiture  toute  seule  est  trop  sucrée,  et  il  ne  leur  reste  plus,  après  qu'ils  l'ont 
léchée,  que  le  pain  sec  et  la  honte  de  leur  malpropreté 

Nous  en  citerons  un  exemple  : 

Louise,  Maurice  et  leur  petit  frère  Henri  étaient  à  la  campagne,  chez  leur 
grand'maman.  On  leur  avait  promis  de  les  régaler,  à  leur  goiVer,  avec  une 
excellente  confiture  d'abricots  qu'ils  avaient  vu  cuire,  le  matin,  dans  la  grande 
bassine  de  la  bonne  Gertrude.  Sans  attendre  l'heure,  nos  trois  petits  gourmands 
vont  si  bien  tourmenter  Gertrude,  que  chacun  obtient  d'elle  ime  superbe 
tartine.  Les  voilà  bien  contents,  mais,  à  vrai  dire,  ils  n'ont  guère  faim  encore, 
et    c  est    la    confiture    seule    qui    les    tente.    Louise    alors    donne    le    mauvais 


■m/ft,  . 


exemple,    en    passant  la  langue   sur  sa    tartine.   —    Fi,   la   \'ilaine  gourmande! 

Maurice  imite  aussitôt  sa  sœur. 

Naturellement,  Henri  ne  manque  pas  de  faire  comme  font  les  plus  grands. 

Naturellement  aussi,  la  confiture  a  bientôt  disparu  des  trois  tartines. 

Maintenant,  mangeront-ils  le  pain  tout  seul?  Ils  n'en  ont  pas  trop  envie, 
mais  ils  ne  savent  qu'en  faire. 

Louise  et  Maurice  ont  l'idée  saugrenue  d'offrir  au  petit  Henri  de  manger 
leiu"  part,  tandis  qu'il  a  déjà  trop  de  la  sienne.  Henri  fait  une  mine  dégoiitée, 
et  il  a  raison.  Ce  sont  Louise  et  Maurice  qui  ont  tort,  car  il  est  impoli,  on 
poiuTait  dire  grossier,  d'offrir  à  un  camarade,  lors  même  que  c'est  un  petit 
frère,  une  tartine  que  l'on  a  léchée. 


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âM.- 


34 


LA    CIVILITE 


EN  PfiOMENADE  ET  EN  VISITE 


35 


Une  petite  fille  bien  élevée,  quand  elle  sort  avec  sa  maman,  lui 
donne  la  main  ou  marche  gentiment  auprès  d'elle. 

Si  vous  voyez  une  petite  fille  rester  en  arrière,  s'arrêter  toute  seule 
pour  regarder  les  boutiques,  puis  courir  poiu"  rejoindre  sa  maman 
ou  sa  bonne,  vous  direz  tout  de  suite  qu'elle  n'a  pas  la  tenue  d'une 
enfant  comme  il  faut. 

A  la  promenade,  Pierre  lève  poliment  sa  casquette,  comme  le 
doit  faire  un  garçon  de  son  âge,  pour  saluer  les  personnes  de  sa  con- 
naissance. 

Paul,  qui  ne  manque   pas  une  occasion  de  se  donner  l'air   d'un 
paillasse,  fait  un  pied  de  nez  à  ses  cousins  quand  il  les  rencontre. 
Il  n'y  gagne  rien  :  car,   en  raison  de  toutes  ses  sottises  de  ce  genre, 
y(T^  on   le   considère   comme   un   pantin    sans   cervelle,  tandrs  que  l'on 
estime  Pierre. 


3M- 


36 


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Qiiand  Jeanne  est  en  voiture  et  qu'elle  \'oit  passer  une  de  ses 
amies,  elle  sourit  et  lui  fait  un  petit  signe  amical  de  la  main  pour 
lui  dire  bonjour. 

Cela  est  fort  gentil,  et  son  air  aimable  satisfait  tout  le  monde. 

Jeanne  a  tme  jeime  cousine  nommée  Berthe,  (jui,  sur  ce  point, 
agit  tout  autrement. 

Berthe  est  une  espiègle,  mais  elle  passe  les  bornes  de  la  plai- 
santerie permise.  A  ceux  qu'elle  rencontre  elle  feit  une  vilaine 
grimace  ou  elle  leur  tire  la  langue,  parce  qu'elle  croit  qu'on  en  rira. 
Mais  elle  se  tiompe  fort,  et  tout  le  monde  s'accorde  à  la  trouver 
vraiment  bien  malhonnête. 

Dehors,  comme  à  la  maison,  si  vous  voulez  nous  en  croiic,  jeunes 
enfants,  vous  éviterez  de  déchirer  les  robes  des  dames,  car  on  a 
remarqué  que,  le  plus  souvent,  cela  les  contrarie. 


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3? 


Ayez  grand  soin  aussi  de  ne  pas  marcher  sur  les  pieds  des  personnes; 
vous  risqueriez  de  les  blesser. 

Si  accidentellement  cela  vous  arrive,  hâtez-vous  de  demander 
pardon.  Ne  faites  pas  comme  un  petit  garçon  qui,  au  lieu  de  présenter 
ses  excuses,  dit  au  monsieur  fâché  :  «  C'est  donc  à  vous  tous  ces 
pieds-là  !   » 

Ne  marchez  pas  non  plus  sur  les  pattes  des  gros  chiens;  ils  pourraient 
vous  mordre  le  nez;  ni  sur  celles  des  petits  chiens,  parce  que^cela 
causerait  par  trop  de  chagrin  à  leurs  bonnes  maîtresses. 

Qiiand  Pierre  et  Paul  vont  faire  une  visite  avec  leur  papa,  Pierre 
marche  avec  attention,  s'il  fait  un  peu  crotté,  tandis  que  Paul  semble 
prendre    plaisir    à    mettre    ses    pieds  dans    les    flaques    d'eau     Aussi 


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38 


Piene   arrive    propre  comme   s'il  sortait    d'une   boîte,   tandis   que    son 
frère  a  l'air  d'un  affreux  barbet. 

Pierre  laisse  passer  devant  lui  les  grandes  personnes.  Paul  se  précipite 
en  avant  comme  un  étourneau,  se  jette  tête  baissée  dans  les  jambes  de 
tout  le  monde,  et  risque,  à  chaque  instant,  de  faire  tomber  quelqu'un. 

C'est  l'exemple  de  Pierre  qu'il  fuit  suivre. 

Lorsque  Jeanne  accompagne  sa  maman  dans  ses  visites,  elle  conserve 
toujours  sa  bonne  tenue;  aussi  toutes  les  dames  sont  contentes  de  la 
recevoir.  Dans  le  salon,  elle  s'assied  sur  un  pouf  ou  un  petit  coussin, 
ne  touche  à  rien,  prend  le  bonbon  ou  le  petit  gcâteau  qu'on  lui  olïre  et 
dit  merci,  n'en  demande  pas  d'autres,  et  fait  toutes  choses  avec  conve- 
nance. Sa  maman  a  tout  plaisir  à  l'emmener,  car  elle  n'en  reçoit  que 
des  compliments. 


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Nous  n'eu  pourrions  pas  dire  autant  de  Bertlie.  Cette  malheureuse 
enfant  a  la  mauvaise  habitude  de  toucher  à  tout.  Un  jour,  chez 
une  de  ses  tantes,  pendant  que  Ton  causait  sans  plus  penser  à  elle, 
Berthe  qui  admiiait  de  charmants  petits  oiseaux,  a  l'idée  de  les 
prendre  dans  ses  mains,  et  elle  ouvre  la  porte  de  leur  cage.  Les 
oiseaux  en  profitent  pour  s'envoler,  et  se  sauvent  aussitôt  par  la 
fenêtre.  Berthe  fut  bien  penaude,  car  les  oiseaux  furent  perdus  et 
peut-être  mangés  par  des  chats.  Une  autie  fois,  en  visite  chez  une 
dame,  elle  veut  jouer  avec  un  plateau  de  jolie  porcelaine  de  Chine; 
elle  le  laisse  tomber  et  casse  tout.  'Vous  pensez  si  sa  maman  fut 
contrariée!  Depuis,  elle  a  renoncé  à  emmener  Berthe  nulle  part. 

Les  enfants   «  touche-a-tout   »  sont  la  honte  des   parents,   et   on 
ne  leur  fait  bon  accueil  en  aucune  maison. 


40 


r'ST^'Fvv 


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LA  COURTOISIE  ENTRE   ENFANTS 


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23/ 


Il  ne  sufTu  pas 
que     les     enfants 
soient  polis   avec 
les  grandes  personnes.  Ils  doivent  encore  être  polis  entre  eux. 

Quand  une  petite  amie  vient  vous  voir,  vous  ne  devez  pas  faire  la 

^^    maussade,  refuser  de  jouer  avec  elle  et  vous  retirer  dans  un  coin  avec 

votre  poupée.  Parlez-lui,  au  contraire,  avec  un  air  content;  proposez- 

^    lui  la  première  déjouer  avec  elle;  mettez-lui  votre  poupée  dans  les 

^    bras,  en  lui  recommandant  de  prendre  bien  soin  de  cette  chère  petite. 

Montrez-lui  son  lit  a  grands  rideaux,  puis  ses  robes,  ses  souliers,   ses 


4' 


bonnets,  ses  chapeaux,  tout  cela  serré  dans  ses  petits  meubles.  Votre 
amie  s'amusera  beaucoup,  et,  quand  vous  irez  la  \'oir,  elle  sera  à  son 
tour  aimable  avec  vous.  C'est  comme  cela  que  doi\'ent,  en  effet,  se  recevoir 
deux  petites  filles  de  bonne  compagnie. 

Rien  de  plus  laid,  au  contraire,  que  celles  qui  se  querellent,  se  fâchent, 
s'arrachent  leurs  poupées  des  mains. 

«  —  Mademoiselle,  c'est  maintenant  mon  tour  »,  dit  l'ime. 

«  —  Non,  mademoiselle,  je  ne  veux  pas  ^'Ous  la  rendre  »,  dit  l'autre, 
«  parce  que  vous  êtes  une  méchante.  » 

«  —  Pas  du  tout,  mademoiselle,  c'est  vous  qui  avez  cominencé.  » 

Un  peu  plus,  elles  se  battraient  à  coups  d'ongles  comme  ces  vilains 
chats  de  gouttières.  Leurs  frètes  sont  obligés  de  les  séparer,  et  leurs 
mamans  sont  désolées  d  a\oir  de  pareilles  enfants. 


^(o)YaY-^^^.^^ 


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42 


Un  jour,  au  bord  de  la  mer,  de  bons  petits  garçons  avaient,  avec 
beaucoup  de  patience,  creusé  un  port  dans  le  sable,  puis  élevé  une  digue 
et  un  môle. 

Le  gros  Hector  survint,  et,  abusant  de  ce  qu'il  était  plus  grand  et 
plus  fort  que  tous  les  autres,  il  s'empara  de  force  de  leur  travail.  Son 
action  était  lâche  et  grossière,   et  il  en  fut  bientôt  puni. 

Un  grand  frère  de  ceux  qui  avaient  été  maltraités,  ayant  vu  la  chose, 
vint  prendre  Hector  au  cou,  lui  enfonça  la  tête  dans  le  canal  du  petit 
port,  et  lui  fit  ainsi  avaler  une  bonne  lampée  d  eau  de  mer.  Sans  compter 
que  le  mauvais  garçon  se  releva  a\ec  la  figure  toute  pleine  de  sable 
mouillé. 

Bonne  leçon  de  politesse  poiir  ceux  qui  sont  tentés  d'abuser  de  leur 
force  contre  les  faibles  ! 


43 


11  n'est  pas  coiueiuiblc  de  prétendre  garder  toujours  pour  soi-même  le 
meillein-  rôle  dans  tous  les  jeux  :  être  le  cocher  quand  on  joue  aux  chevaux, 
l'oflicier  quand  on  joue  aux  soldats. 

Il  est  fort  bien  au  contraire  de  céder  un  peu  la  place  aux  auttes,  afin 
que  chacun  puisse  avoir  son  tour  et  en  être  satisfait. 

C'est  dans  une  excellente  pensée  que  ce  bon  Pierre,  quand  il  joue  à 
courir  avec  de  plus  petits  que  lui,  ne  manque  pas  de  se  laisser  atteindte 
quelquefois  par  eux,  ce  qui  les  rend  tout  fiers  d'avoir  pu  attraper  un  grand. 
Et  il  est  content  lui-même  de  les  avoir  rendus  si  heureux. 

C>iiand,  après  le  dîner,  vos  parents  ont  la  bonté  de  vous  taire  jouer  aux 
cartes  ou  aux  dominos,  il  ne  faut  pas  vous  mettre  niaisement  à  pleurer 
si  vous  perdez,  ni  surtout  vous  fâcher  contre  vos   petits  camarades  ou  vos 


4A 


petites  amies  qui  se  trouvetaient  avoir  plus  de  chance  que  \()us.  Jeter  les  cartes 
au  nez  de  ses  ad\'ersaires  et  se  mettre  en  colère  jusqu'à  renverser  la  table  à  jeu, 
ce  sont  là  des  actions  tout  à  fait  blâmables  et  indignes  d'enfants  comme  il  faut. 

Mais,  d'autre  part,  si  vous  gagnez,  il  ne  faut  pas  non  plus  vous  moquer 
méchamment  de  ceux  qui  perdent  et  les  taquiner,  en  leur  faisant  «  ratisse, 
ratisse  !  »  car  vous  risqueriez  de  les  chagriner. 

En  un  mot,  la  politesse  au  jeu  consiste  à  rester  toujours  aimable  avec  les  autres 
et  à  montrer  un  bon  caractère,  aussi  bien  lorsque  l'on  perd  que  lorsque  l'on  gagne. 

Si  l'on  vous  fait  danser  une  ronde,  un  galop  ou  une  polka,  il  ne  faut 
pas  vous  lancer  comme  de  petits  fous,  au  risque  de  renverser  les  chaises, 
la  table  avec  la  lampe,  de  vous  culbuter  les  uns  par-dessus  les  autres,  et 
d'aller   même   vous   jeter    la    tête    la   première    dans    la   cheminée.    Tout    cela 


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pourrait    amener    de    qra\'es    accidents,    et    puis,    ce    n'est    pas    la   bonne 
manière  de  se  comporter  dans  un  salon. 

Qriand  un  petit  garçon  danse  avec  sa  petite  sœur  ou  sa  petite  cousine, 
il  ne  doit  pas  la  prendre  brusquement,  ni  la  bousculer. 

Il  faut,  en  toutes  choses,  que  les  petits  gaixons,  qui  seront  un  jour 
des  hommes,  s'habituent  de  bonne  heure  à  être  polis  et  bien  élevés 
avec  les  petites  demoiselles,  qui  seront  plus  tard  des  dames. 

Par  la  même  raison,  les  petites  demoiselles  doivent  songer  qu'elles 
sont  destinées,  en  effet,  à  devenir  des  dames,  et  qu'il  ne  convient  pas, 
par  conséquent,  qu'elles  prennent  jamais  les  vilaines  manières  des  garçons 


mauvais  sujets. 


*  V  \: 


46 


CONCLUSION 


En  attendant,  cheis  enfants,  que  vous  deveniez  tous  de 
grandes  jeunes  filles  très-bien  élevées,  ou  des  jeunes  gens  très 
coninie  il  faut,  —  ce  qui  ne  peut  manquer  si  vous  avez  écouté 
nos  conseils,  et  surtout  si  vous  suivez  bien  les  enseignements 
de  vos  parents,  —  il  vous  reste  encore  à  accomplir  un  devoir  de 
politesse  pour  finir  votre  journée. 

Le  soir,  quand  arrivent  neuf  hetues,  les  jeunes  yeux  semblent 
vouloir  se  fermer  de  force,  en  même  temps  que  les  jeunes 
bouches  s'ouvrent  d'elles-mêmes...  et  cela,  non  pour  chanter. 
C'est  l'heure  d'aller  se  coucher.  Et  cependant,  je  ne  sais  pour- 
quoi, nombre  d'enfants  ne  le  veulent  pas  :  ils  grognent,  ils  pleur- 
nichent, ils  demandent  à  rester  encore  cinq  minutes.  Ces 
manières-là  sont  fort  ennuyeuses  pour  leur  famille. 

Un  enfant  bien  élevé,  au  contraire,  dès  qu'on  lui  dit  cju'il  est 
l'heure,   se  lève  et  s'empresse  de  dire  bonsoir  à  tous  les  siens. 

Bien  plus  gentil  que  les  vilains  grognons  et  les  allreux  pleur- 
nicheurs, il  est  aussi  plus  heureux.  En  toutes  choses  il  a  fut 
plaisir  à  ses  parents.  De  bonne  humeur  il  s'est  levé  le  matin; 
en  souriant  il  est  allé  se  couciier  le  soir. 


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47 


ALBUMS   POUR  LA  JEUNESSE  -  COLLECTION  PLON 


M.    B.    DE    MONVEL 

JEANNE    D'ARC 


/lEILLES  CHANSONS  ET  RONDES 

POUR    LES    PETITS    ENFANTS 

Notées,  avec  des  accompagnements  faciles, 
Par  Ch.-M.  Widor 


LA  CIVILITÉ  PUÉRILE  ET  HONNÊTE 

EXPLIQUÉE     PAR     l'oNCLE     EUGÈNE 


LA    FONTAINE 

FABLES  CHOISIES  POUR  LES   ENFANTS 


CHANSONS   DE  FRANCE 

POUR    LES   PETITS    FRANÇAIS 

Notées,  avec  des  accompagnements  faciles, 
Par  J.-B.  Weckerlin 


MARS 

JOIES    D'ENFANTS 


MARS 

NOS   CHÉRIS 


CHEZ    EUX    —    A    LA   VILLE   —   A    LA    MER 
A    LA    CAMPAGNE  —   DANS  LE  MONDE 


MARS 

COMPÈRES  ET  COMPAGNONS 

PESTITS    AMIS 
GRANDS    AMIS    —    BONNES    CONNAISSANCES 


CARAN    D'ACHE 

NOS   SOLDATS   DU    SIÈCLE 


CRAFTY 

LA    CHASSE   A    COURRE 

NOTES    ET    CROQUIS 


CRAFTY 

LA  CHASSE  A  TIR 

NOTES    ET   CROQUIS 

CRAFTY 

L'ÉQUITATION   PUÉRILE  &  HONNÊTE 
Petit  traité  à  la  plume  et  au  pinceau 


JOB 

LE   GRAND    NAPOLÉON 

DES     PETITS    ENFANS 


P.     GUIGOU     ET    A.    VIMAR 

LA    LÉGENDE    DES    BÊTES  |  L'ILLUSTRE    DOMPTEUR 


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avec  1er»  spéciaux.  Prix  :  I O  franc» 


..,,.,.   .   ,   ^   _  PIERRE    BRISSAUD 

/'[}\^',I,fej;iL\BVc<l:I°ANsONS   POUR   LES  CŒURS   SENSIBLES 
Re,i;ueil  Je   17  chansons  notées  avec  accompagnements  faciles 
Dan»  un  éléyant  album  yràr^d  iiî^<i%  êlMcé  de  trente-deux  reproduction»,  en  couleur».  d':ii|uareUe»  de  Pierre  Brissaud. 

ii>i'i'x''dte'F*albuin,  dan»  un  cartonnaye  genre  ancien  :  C  franc». 


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ARIS.   TYPOGRAPHIE    PLON-NOURRIT   ET  C'",    RUE   GARANCIÈRE,    8 


1707::. 


ENCRES  DE  LA  MAISON  CH.  LORILLEUX  ET  c''. 


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MAY  Z  9  1947